Face aux impasses écologiques et sociales de la métropolisation, ce guide édité par la Société écologique du post-urbain, propose d’imaginer des biorégions post-urbaines : des territoires vivables, autonomes et solidaires, organisés à l’échelle des milieux et du vivant.
Penser la biorégion : une alternative écologique à la métropolisation
Le document « Concevoir une biorégion depuis son espace écologique de vie » constitue un appel à imaginer une société écologique post-urbaine, fondée sur une relation renouvelée entre les populations, les territoires et l’ensemble du vivant.
Il part du constat que l’urbanisation et la métropolisation exercent des pressions écologiques majeures : artificialisation des sols, exploitation intensive des ressources, pollutions, dépendance aux infrastructures lointaines et vulnérabilité accrue face aux dérèglements climatiques. À cette logique de concentration, il oppose une géographie du vivant, reposant sur la déconcentration des populations, la relocalisation des activités et une organisation politique plus décentralisée.
La biorégion post-urbaine est définie comme un espace de vie cohérent, structuré par ses caractéristiques écologiques, ses ressources, ses bassins versants, ses paysages et ses communautés humaines. Son objectif premier est d’alléger les pressions exercées sur les milieux grâce à une forme d’autonomie conçue non comme l’indépendance ou l’autarcie, mais comme un choix conscient de dépendances et d’interdépendances. Cette autonomie concerne d’abord la subsistance : alimentation, eau, énergie, habitat, déplacements locaux et accès à la terre. Elle concerne aussi la gouvernance, avec l’autogestion des ressources, la démocratie directe, la communalisation du foncier et la coopération entre territoires.
Les valeurs mises en avant sont l’humilité face au vivant, la sobriété, la robustesse, le soin, la solidarité et la dignité. Elles doivent s’appliquer aux relations entre personnes, générations, espèces et communautés. Le document insiste également sur les dimensions culturelles et sociales de cette transformation : transmission des savoirs, apprentissage situé, entraide intergénérationnelle, accueil des populations déplacées, hospitalité et construction d’un attachement au milieu de vie.
Les besoins identifiés sont concrets. L’habitat devrait privilégier la réhabilitation de l’existant, les matériaux locaux (bois, pierre, terre ou paille) ainsi que l’habitat léger et mobile. Les activités productives devraient mobiliser des solutions sobres et diversifiées, notamment la traction animale, l’hydraulique, le vélo et les technologies simples réparables localement. Les services de proximité, les structures de soin, les lieux communs, les écoles, les ateliers et les espaces politiques devraient être répartis dans un maillage territorial accessible.
Le document propose une biorégion moyenne de 30 à 50 kilomètres de diamètre, regroupant environ 15 000 à 30 000 habitants. Son organisation pourrait associer une petite ville-centre, plusieurs bourgs, une dizaine de villages et des hameaux. À titre indicatif, la surface nécessaire à une autonomie estimée à 75% serait d’environ 4 300 m² par personne, comprenant notamment des espaces forestiers, des jardins cultivés, des pâtures, un habitat et des équipements adaptés.
Enfin, la carte biorégionale doit représenter les infrastructures existantes, les logements vacants, les ressources naturelles, les zones cultivées et forestières, les risques, les espaces protégés, les alternatives locales et les résistances citoyennes.
L’exemple du bassin de Thau illustre cette démarche : face à la montée des eaux et à la fragilité d’une économie centrée sur le tourisme, la vigne et l’habitat résidentiel, le document envisage une diversification agricole et aquacole, la reconversion des infrastructures, le développement d’activités artisanales maritimes et une remontée des populations vers l’arrière-pays.
Plan & document
Le plan
- Communs et valeurs des biorégions post-urbaines
- Besoins premiers à satisfaire
- Surface « vitale » minimale
- Légende biorégionale
- Exemple : la biorégion du bassin de Thau
- Présentation des États généraux pour une société écologique post-urbaine
Le document
Concevoir une biorégion depuis son espace écologique de vie, collectif pour une société écologique post-urbaine (EGPU) :
WEB+
- Le collectif post-urbain, EGPU↗
- Cartes, Documents & Ressources
- Carte des Pays de France et liste des régions naturelles

